«T’sais ce p’tit quelqu’chose qui paraît presque pas. Tu l’caches, le temps l’efface mais dans l’fond ça t’laisse un ostie d’trou béant dans l’coeur. Pi t’as beau l’recoudre, il reste là et ça gratte.»

Ces traces qui restent quand on avance. Psychiques ou physiques, on en est imprégnés et la vie continue. Sept montréalais dévoilent ici leurs forces et leurs blessures au travers de diptyques sombres mais optimistes.


«You know this small thing that almost cannot be seen. You are hiding it, the time erases it but deep down, it leaves a huge hole in your heart. And even if you try to sew it up it keeps staying there and scratching you.»

Marks that remain when we are moving on. Either psychologically or physically, we are marked by them but still, life goes on. Through the dark but optimistic diptycs of the exhibition, seven people of Montreal open up their strengths and wounds
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STEVE

« Mon père n’a jamais accepté mon homosexualité. Un jour il a dit que, si j’étais en train de me noyer,
il n’hésiterait pas à maintenir ma tête sous l’eau. Cette phrase-là, là... ça m’a marqué. »

« My dad never accepted my homosexuality. One day, he told me that if I was drowning,
he would not hesitate to push my head under the water. Those words… was marked in my mind. »





MARYSE

« Ne plus avoir de tumeur ne signifie pas ne plus vivre avec le cancer. Depuis ma vie est une salle d’attente avec laquelle j’ai fait la paix et dont j’ose même me moquer. »

« Having no more tumour doesn’t mean that I stopped living with cancer. Since then, my life has been like a waiting room which now I made peace with and even dared making fool of it. »



   

FRANCIS

« Souvent je me suis fait l’illusion que je n’avais pas le choix, comme si j’avais un devoir moral d’endurer. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par amour. Puis, un jour, j’ai trouvé le courage de choisir pour moi. »

« I often fooled myself in the illusion that I don’t have the choice as I had the moral duty to endure it. Everything that I did, I did it for love. And one day, I found the bravery of choosing myself. »




MAËLLE

« Mon corps a vécu cinq grossesses et m’ a offert deux enfants vivants.
La dernière vécue a transformé mon ventre en cercueil pour quelques heures. Celle-ci a failli m’achever…
Mais je me dois de résister pour eux, pour moi. »

« My body went through five pregnancies and gave me two alive children.
The last pregnancy turned my body into a coffin for a few hours. That last one almost killed me.
But I must resist for them and for myself. »




CHRISSY

« Atteinte d’arthrogrypose multiple congénitale, je suis née différente. Mais qui ne l’est pas ? Les mots de Tahar Ben Jelloun résonnent en moi au quotidien : “La nature crée des différences, la société en fait des inégalités”. »

« Suffering of a multiple congenital arthrogryposis, I was born different. But who isn’t different? The words of Tarah Ben Jelloun constantly resonate in me: “The nature creates differences, the society turn them into inequalities”. »




EDUARDO

« Avec mon ex, on avait des jeux sexuels étranges. J’étais très amoureux. Aujourd’hui, je n’arrive pas à comprendre pour quelle raison ça m’excitait. C’est loin tout ça, mais les cicatrices restent. »

« With my ex, we used to play awkward sexual games. I was completely in love with her. Today, I can’t really understand the reasons why I was aroused by that. Even if it was a long time ago, the scars still remain. »




KAMIELLE

« La date exacte je n’en suis pas certaine mais c’était en novembre 2012. C’était mon copain de l’époque qui m’a clippé les cheveux. On était chez lui dans sa salle de bain, à Roxboro. C’est la première fois que je me suis vraiment sentie moi-même. »

« I can’t remember the exact date but I know it was around November in 2012. It was my current boyfriend that shaved my head. In his bathroom at Roxboro. It was the first time I really felt like myself. »